Nous, parents d’élèves du Cours Aliénor à Esse, en Charente, sommes en colère.
Depuis plusieurs jours, nous voyons passer des articles, des communiqués et assistons, en silence, au procès inéquitable et injuste de l’école où nous scolarisons nos enfants. L’établissement que nous voyons décrit partout dans la presse ne correspond nullement à celui que nous connaissons, que nous aimons et que nous avons choisi pour ses classes à taille humaine, son respect du rythme de chaque enfant, et le dialogue constant avec une équipe pédagogique disponible.
Non seulement la réalité qui nous est donnée à lire n’est pas la nôtre, mais nos enfants sont instrumentalisés dans un débat qui les dépasse, par des acteurs qui n’ont jamais songé à interroger les premiers concernés, c’est à dire les familles. Absente de ce débat, il est donc temps que notre voix se fasse entendre et que notre réalité soit partagée : Nos enfants vont bien. Ils travaillent, ils progressent, ils sont heureux d’aller à l’école. Ce n’est pas rien — et pour certains d’entre nous, ce n’était pas gagné. L’un de nos enfants était en situation de phobie scolaire. Aujourd’hui, il s’exclame « vivement la rentrée !». Un autre a transformé ses difficultés de concentration en rigueur et en méthode de travail, grâce à des approches pédagogiques adaptées à son profil — dictées en mouvement, usage d’un sablier pour renforcer l’autonomie — et à un accompagnement qui ne l’a jamais lâché. Un autre encore a pu se fixer des objectifs professionnels clairs, confirmés par un stage récent en parfaite adéquation avec ses aspirations. Ce sont des réalités. Pas des slogans.
Ce que nous vivons au quotidien, c’est un suivi sérieux et une co-éducation réelle. Nous sommes informés rapidement de la moindre difficulté, ce qui permet un recadrage immédiat. Les bulletins de notes arrivent toutes les deux ou trois semaines. Les professeurs sont joignables et disponibles. Lorsqu’un problème survient entre élèves, il est traité dans la journée. La valorisation est au cœur du projet : l’enfant est reconnu dans ses réussites autant qu’accompagné dans ses difficultés.
Au-delà des procès d’intention graves qui ont été instruits, notamment dans les rapports, certaines contre-vérités largement relayées méritent également d’être démenties :
- Non, le Cours Aliénor n’est pas un collège catholique. C’est explicitement écrit dans ses statuts, et nous le vérifions au quotidien. Affirmer le contraire est factuellement faux. L’établissement est également apolitique : en plusieurs années de scolarité, aucun de nos enfants n’a reçu le moindre endoctrinement politique ou religieux. Consulter les cours disposés en français et en histoire suffit à s’en convaincre. Faire l’amalgame entre l’identité d’un financeur et les convictions supposées d’un établissement est une caricature indigne.
- Non, les activités ne se déroulent pas en non mixité. Cours, éducation physique, arts, ateliers, projets, sorties scolaires, récréations se déroulent toutes en totale mixité. Des petites équipes non mixtes de six élèves, qui fonctionnent davantage comme un système de parrainage où les plus anciens épaulent les plus jeunes, se réunissent uniquement sur le temps du déjeuner et lors des rassemblements de début et de fin de journée.
- Non, l’hygiène alimentaire n’est pas négligée. Nous signons, chaque année, dès l’inscription, une décharge attestant de notre responsabilité dans la préparation du repas de nos enfants. L’établissement nous informe explicitement qu’il n’existe pas sur place de dispositif de maintien au froid ou au chaud, et nous recommande d’éviter certains aliments en cas de forte chaleur. Nous sommes des adultes responsables : nous veillons à équiper nos enfants de contenants adaptés et n’avons pas besoin qu’on nous explique comment nourrir nos enfants.
- Non, le travail des élèves ne se limite pas à “de la copie, sans production ni réflexion”. Les rédactions de français, les études de documents en histoire-géographie, les raisonnements mathématiques, les expériences scientifiques, les exposés dans différentes matières — tout cela existe, et nous le voyons dans les cahiers de nos enfants et cela s’observe lors des résultats du brevet national, où le Cours Aliénor se classe cinquième sur quarante-cinq établissements du département. Par ailleurs, les manuels utilisés sont conformes aux programmes de l’Éducation nationale et ont été choisis par les enseignants dans l’exercice de leur liberté pédagogique.
Nous demandons donc que les mensonges et les amalgames cessent et que nos enfants ne soient plus les otages d’une querelle qui n’est pas la leur. Certains d’entre eux déposent en ce moment leurs dossiers pour le lycée. Les stigmatiser aujourd’hui, c’est risquer de pénaliser leur avenir pour des raisons qui n’ont rien à voir avec leur scolarité. Cet acharnement a un coût humain réel et nous refusons que ce soient nos enfants qui le paient. Nous avons choisi le Cours Aliénor. Nous le rechoisirions demain. Ce collège n’est sans doute pas parfait — aucun projet humain ne l’est. Mais il remplit une mission essentielle, là où nos enfants ont besoin d’un cadre différent pour s’épanouir. Nous maintenons notre confiance entière en son équipe pédagogique, et nous resterons mobilisés pour qu’il puisse continuer d’exister dans la sérénité.







